2.4: Adhésion des ONG locales/nationales/internationales

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Un des aspects importants liés à la définition des paramètres ou des critères d’adhésion est de déterminer si l’organe de coordination doit être composé d’un mélange d’ONG locales/nationales, uniquement d’ONG nationales (ONGN) ou uniquement d’ONG internationales. (N.B. : ce rapport s’adresse essentiellement à des ONGI et des ONGN, ce dernier englobe les ONG locales bien qu’ils soient reconnus que leurs expériences peuvent varier.)

 

Avantages d’une coordination ONGN/ONGI

 

Les avantages de la coordination, mentionnés dans une section précédente sont également valables ici. Toutefois, il existe d’autres bénéfices d’une coordination entre les ONG locales, nationales et internationales, notamment : 

·       un renforcement des capacités et une sensibilisation mutuels ;

·       des connaissances communes sur la collaboration ou l’accès aux principales parties prenantes telles que les donateurs, le gouvernement, le secteur privé et les différents acteurs de l’architecture de coordination humanitaire inter-agences internationale. Les ONGN et les ONGI peuvent avoir des relations différentes avec ces différentes parties et qui peuvent bénéficier à la communauté des ONG dans son ensemble ;

·       une possibilité d’établir des relations de confiance, de développer un réseau et de créer une communauté entre les agences opérationnelles ayant le même état d’esprit qui peuvent tirer des avantages directs pour les interventions d’urgence, ainsi que le relèvement et le développement. Idéalement, cette confiance et les relations doivent exister avant une crise mais souvent, c’est au milieu d’une crise que les partenariats doivent se nouer ;

·       grâce à l’engagement, les ONGN et les ONGI peuvent débattre, s’accorder et appliquer des principes humanitaires communs, améliorant ainsi l’intervention humanitaire globale ; et

·       grâce aux mécanismes communs d’échange d’information, la coordination, la liaison et la représentation, les organisations locales (et les ONG de petite dimension) peuvent optimiser leurs ressources humaines et financières limitées, notamment lorsqu’elles ne peuvent pas participer à d’autres structures de coordination.

 

La liste ci-dessus est tirée des déclarations des organes de coordination de l’action des ONG dans Currion, P. & Hedlund K. (2011) Strength in Numbers: A Review of NGO Coordination in the Field, Lessons Learned, ICVA.

Les avantages spécifiques d’une collaboration avec les ONGN pour les ONGI, outre les bénéfices plus larges pour l’intervention globale, sont notamment les suivants :

·       les ONG locales étaient présentes avant la catastrophe, les premiers jours de la catastrophe, et y resteront après la catastrophe avec des répercussions claires par rapport à la capacité de réaction et d’intervention dans un contexte d’urgence ; et

·       les ONG locales ont des idées, des informations, des connaissances et une expertise susceptibles de contribuer à une intervention d’urgence plus opportune, efficiente et efficace. Elles peuvent offrir une vision du travail dans ce contexte, notamment pour les ONGI nouvellement arrivées.

 

Obstacles à la coordination de l’action des ONGI/ONGN

 

Il existe également des raisons valables de limiter l’adhésion aux organes de coordination ou de prévoir des mécanismes de coordination distincts. Toutes les ONG locales ou nationales ne souhaitent pas nécessairement coordonner ou collaborer officiellement avec des ONG internationales lors d’une intervention humanitaire, et ce pour plusieurs raisons :

·       l’impression que les ONGI ne sont pas indépendantes du gouvernement de leur pays d’origine (p. ex. : l’ONGI est perçue comme étant liée aux politiques de son gouvernement) ;

·       l’impression que les ONGI interviennent avec des agendas cachés ;

·       la conviction que les ONG ne respectent pas les coutumes et la culture locales, ou ont des points de vue politiques différents ;

·       la perception que les ONGI sont ignorantes ou trop temporaires ;

·       la sensation qu’elles ne peuvent pas discuter ouvertement et librement de sujets de préoccupation spécifiques pour les ONGN ;

·       la perception ou la connaissance qu’une collaboration ouverte avec les ONGI leur ferait courir un risque majeur dans leurs communautés ; et

·       la sensation qu’il y a peu d’agendas et d’intérêts communs.

 

Les ONGI peuvent exprimer des réserves similaires et des inquiétudes sur :

·       des discussions sur le fonctionnement d’une organisation internationale dans un pays, p. ex. : enregistrement, visas, permis de travail, recrutement de personnel, niveaux de salaire, sécurités ;

·       l’incapacité des ONG locales et nationales à être indépendantes du gouvernement de leur pays ; et

·       la collaboration et l’échange d’information avec des groupes qui ne sont ni impartiaux ni indépendants dans la crise ou le contexte.

 

D’autres problèmes peuvent entraver davantage une collaboration commune officielle dans certains contextes :

·       la langue : la barrière de la langue constitue l’un des obstacles les plus importants à surmonter. L’anglais est la langue la plus utilisé pour la coordination, parfois le français ou l’espagnol. Toutefois, l’usage dominant de ces langues peut empêcher une participation plus large. L’usage de l’anglais comme langue du monde humanitaire fait l’objet de critiques continues, et la plupart des principaux documents ne sont même pas traduits en français, en espagnol ou en arabe ;

·       le grand nombre d’ONG dans de nombreux contextes, notamment les interventions d’urgence de plus grande envergure. La collaboration officielle peut s’avérer impossible car il n’existe pas de moyens de coordonner efficacement des centaines d’ONG. Dans certains contextes, le nombre d’ONGI qui souhaitent participer peut être géré, mais le nombre d’ONG nationales est bien plus important et surchargerait les mécanismes de coordination ;

·       la variété du niveau de capacité d’organisation, notamment l’expérience, les compétences, la connaissance des normes, directives et principes internationaux ainsi que la connaissance de l’architecture de coordination humanitaire inter-agences qui peut entraver les débats de fonds ; et

·       le fait que les ONG nationales et les ONG internationales entretiennent un rapport donateur/bénéficiaires. Bien que bénéfique, cette situation peut entraîner un déséquilibre des statuts ou des pouvoirs.