1.2: À qui incombe la responsabilité de la coordination de l’action humanitaire?

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La principale responsabilité de la coordination humanitaire relève du gouvernement national de la zone touchée par une crise humanitaire.

Cependant, cette coordination peut être compliquée si le gouvernement s’est engagé dans un conflit permanent, se situe en opposition avec la zone affectée, ou est simplement trop faible pour assurer un leadership. Parfois, les gouvernements recherchent activement l’aide internationale pour la coordination afin d’améliorer ou de compléter les structures nationales. C’est pourquoi les acteurs humanitaires sont censés, et souvent tenus, de coordonner leur action avec les instances gouvernementales ainsi qu’avec tous les autres acteurs humanitaires principaux.

 

Dans certaines situations, les Nations Unies ont un mandat de coordination au nom, ou en collaboration, du gouvernement hôte. Les circonstances qui déterminent cette responsabilité sont décrites en détail dans la section sur les mécanismes de coordination humanitaire des ONG et inter-agences

 

Conseils sur l’action humanitaire : principes et normes dans le contexte de la coordination 

 

Les principes et les normes orientent l’environnement opérationnel de l’intervention et de la coordination humanitaire. Par exemple, la Charte humanitaire du Projet Sphère, les Principes en matière de partenariat et le standard essentiel 2 du Projet Sphère soulignent tous trois la nécessité et l’importance d’une coordination.

 

La Charte humanitaire, issue du guide « La Charte humanitaire et les standards minimums de l’intervention humanitaire » édité par le Projet Sphère, stipule :

 

« Pour notre part, nous ferons en sorte que nos interventions soient plus efficaces, appropriées et responsables, par une saine évaluation et un bon suivi de l’évolution des contextes locaux, par la transparence de l’information et du processus de prise de décisions, et par une coordination et une collaboration plus efficaces avec les autres acteurs concernés à tous les niveaux, comme cela est prévu dans les standards essentiels et les standards minimums. Surtout, nous nous engageons à travailler en partenariat avec la population touchée par une catastrophe, en mettant l’accent sur sa participation active aux interventions. Nous sommes conscients que c’est fondamentalement envers celles et ceux auxquels nous cherchons à venir en aide que nous sommes responsables. » (Charte humanitaire du Projet Sphère, paragraphe 12). Bien que la coordination soit explicitement indiquée, les autres aspects tels que l’évaluation et le suivi, tirent également parti de la coordination.

 

De nombreuses organisations humanitaires ont adhéré aux Principes en matière de partenariat (PoP)—égalité, transparence, démarche axée sur les résultats, responsabilité et complémentarité. Ces principes constituent la base des objectifs de tout effort de coordination entrepris par les ONG et doivent guider les initiatives de coordination. 

 

Les standards minimums du Projet Sphère (de La Charte humanitaire et des standards minimums de l’intervention humanitaire) traitent tout particulièrement de ce sujet. Le standard essentiel 2 indique :

 

« L’intervention humanitaire est planifiée et mise en œuvre en coordination avec les autorités compétentes, les agences humanitaires et les organisations de la société civile engagées dans une action humanitaire impartiale, toutes travaillant ensemble pour atteindre un niveau d’efficacité et d’efficience et une couverture maximums. »

 

Certains indicateurs de haut niveau sont fournis pour une coordination humanitaire efficace de l’action des ONG :

  • les rapports d’évaluation et les renseignements sur les plans et le déroulement du programme doivent être régulièrement transmis aux groupes de coordination concernés ;
  • les activités humanitaires des autres agences de la même zone géographique ou relevant du même domaine ne doivent pas se chevaucher ;
  • les engagements pris au cours des réunions de coordination doivent être appliqués et faire l’objet de rapports de manière ponctuelle ;
  • l’intervention de l’agence doit tenir compte de la capacité et des stratégies des autres agences humanitaires, des organisations de la société civile et des autorités compétentes.

 

Des codes de conduite, tels que le code de conduite pour le Mouvement international de la Croix- Rouge et du Croissant- Rouge et pour les ONG lors des opérations de secours en cas de catastrophes, mentionnent expressément la coordination dans les bonnes pratiques. Une section de ce code est consacrée aux recommandations à destination des États, de l’ONU et des autres organisations intergouvernementales (OIG), dont la mise en place d’un « cadre de travail […] afin de faciliter une participation efficace ». Pour l’ONU et les OIG, le code prévoit de demander la mise en place d’un cadre de coordination, de partager la protection de la sécurité ainsi que les informations pour faciliter l’intervention. Il indique également : « les IHNG [institutions humanitaires non gouvernementales] devraient faire tout ce qui est en leur pouvoir pour assurer une coordination efficace de leurs propres services » (Code de conduite, p. 8).

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