1.1: Définition de la coordination humanitaire

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La coordination désigne simplement la collaboration entre deux parties prenantes ou acteurs en vue d’améliorer des résultats ou des prestations, soit dans le cadre d’un effort collectif, soit en réponse à un enjeu, un événement ou un contexte commun. Il n’existe pas de définition unique généralement acceptée de la coordination, mais la définition ci-dessous recouvre sa signification globale :

 

« La coordination humanitaire implique de rassembler des acteurs humanitaires en vue d’assurer une intervention cohérente et structurée face à une urgence. Le but est d’aider les populations lorsqu’elles ont le plus besoin de secours et de protection. La coordination humanitaire vise à améliorer l’efficacité d’une intervention en garantissant une prévisibilité, une redevabilité et un partenariat accrus. » (www.humanitarianresponse.info).

 

Définition du contexte humanitaire

 

Les contextes humanitaires désignent les catastrophes naturelles et les conflits, qu’ils soient soudains ou prolongés, ainsi que les contextes de vulnérabilité et d’instabilité persistantes. La coordination des ONG peut varier considérablement en fonction du contexte.

 

Avantages de la coordination humanitaire

 

Afin de garantir une intervention cohérente, structurée et efficace, la coordination humanitaire doit améliorer la qualité de l’intervention dans les contextes humanitaires et les événements de même nature en réduisant les écarts et les duplications tout en promouvant l’apprentissage et les bonnes pratiques, et en respectant les principes humanitaires, y compris les impératifs humanitaires, l’indépendance, l’impartialité et la neutralité. Les membres des organes de coordination s’appuient sur le principe de « l’union fait la force » qui offre des avantages potentiels aux ONG et, in fine, aux bénéficiaires de l’aide humanitaire. Les avantages potentiels sont les suivants : 

 

  • une information plus complète sur les programmes, les répercussions d’une catastrophe, les bénéficiaires et le contexte ; une vue plus globale des personnes impliquées, de la situation, du lieu et des aspects temporels, ce qui facilite la prise de décision et la programmation ;
  • une efficacité accrue en évitant la duplication et en prenant part à des actions communes telles que les évaluations, les événements médiatiques, la communication avec les populations touchées, etc. ;
  • un meilleur plaidoyer grâce à une communication plus représentative, puissante, participative et unie des messages de sensibilisation. La coordination peut également améliorer la visibilité des organisations dans la communauté humanitaire dans son ensemble et à l’échelle mondiale. De même, elle peut procurer un certain anonymat à une organisation lorsque les messages de plaidoyer de certaines organisations risquent de freiner la mise en œuvre de leur programme ;
  • une inclusion plus authentique des acteurs et des enjeux locaux, nationaux et internationaux ; 
  • un siège à la table des discussions afin que les différents points de vue des ONG soient représentés dans les débats stratégiques et politiques en jouissant d’une plus grande influence et à un plus haut niveau qu’une ONG seule ne pourrait atteindre ;
  • un accès à des financements grâce à des appels collectifs ou au partage des connaissances et des opportunités de financement ;
  • la création de conditions neutres pour entamer et établir des relations entre les ONG internationales (ONGI) les ONG nationales ou locales, les États et les agences des Nations Unies ; enfin
  • une meilleure redevabilité envers les bénéficiaires grâce à l’échange de bonnes pratiques, à une responsabilité et des ressources partagées ainsi que des actions collectives.

 

Étant donné le temps et l’effort que requiert une coordination, il est primordial de fixer des objectifs clairs et de se préparer à surmonter des obstacles tels que :

  • les différences entre les ONG concernant les mandats, les finalités et les objectifs de la coordination humanitaires, qui peuvent entraîner la création de plusieurs organes de coordination distincts et compliquer ou dupliquer les efforts au lieu de les clarifier ou de les regrouper ;
  • une attention portée à la coordination telle que les efforts entrepris perdent de vue les droits et la priorité donnée aux populations touchées.

Par ailleurs, la représentation ne peut jamais être complète. De nombreux organes de coordination ont créé des groupes consultatifs ou des comités de pilotage pour représenter un groupe plus large, ce qui peut engendrer des différences de pouvoirs entre les organisations. Même les représentants les mieux intentionnés prennent le risque de manquer d’impartialité et de représenter le point de vue de leur propre organisation.

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